Sandrine

Fondatrice
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Grâce à ses recherches et ses expériences, Sandrine a un construit un savoir-faire et une expertise pointue en ce qui concerne les cheveux des afro-descendants. Maman active et créatrice de produits capillaires 100 % naturels à ses heures perdues, elle a plusieurs flèches à son arc!

I needed to cut it! Comprenez mon émotion !

Je détestais le défrisage ! Et j’ai pourtant défrisé mes cheveux pendant plus de 15 ans…  J’ai continué à défriser mes cheveux pendant tant d’années parce que c’était la norme, parce que tout le monde le faisait… Je ne le faisais qu’une seule fois par an tellement le défrisage représentait pour moi une torture : l’odeur chimique désagréable, les brûlures, toutes ces heures qu’il fallait passer au salon…. et le fait de gérer deux textures avec des cheveux de plus en plus longs était de plus en plus insupportable. En plus, je trouvais que l’inconfort occasionné par le défrisage dépassait largement les maigres résultats que j’avais : avec le temps, mes cheveux étaient certes longs, mais ils étaient ternes, abîmés et cassants. Tout ça n’en valait clairement pas la peine ! J’étais exaspérée, agacée, désespérée par l’état de mes cheveux… On dit que l’action est l’antidote du désespoir n’est ce pas? Par une belle journée d’été de 2016,  j’ai décidé de couper mes cheveux défrisés, ces cheveux abimés que je ne supportait plus. Et je ne voulais plus entendre parler de défrisage.

Et l’injonction d’avoir les cheveux longs, on en parle? 

Certaines personnes de mon entourage n’ont pas compris pourquoi je coupais mes longs cheveux, certaines ont mal réagi à ce changement en ayant des mots très durs par rapport à l’aspect de mes cheveux… “ tu ressembles à un garçon” “ est-ce que tu trouves cela beau d’avoir les cheveux décoiffés comme ça ?”  C’est vrai, j’aimais avoir de longs cheveux, c’est une validation sociale plutôt agréable ! Mais heureusement pour moi, le fait d’avoir les cheveux court n’a pas entaché l’image que j’avais de moi-même puisque je me trouvais vraiment belle! Petit à petit, j’ai appris à découvrir mes cheveux au naturel, je multipliais les soins pour arriver à mon objectif capillaire de longueur, et je tombais amoureuse de chaque centimètre.

Je voulais encore avoir les cheveux longs, mais je peux honnêtement dire que je ne me sens pas victime de cette injonction d’avoir les cheveux longs: je coupe mes cheveux assez facilement et l’idée me traverse souvent la tête de les couper de nouveau tout court. Je vous entends déjà me dire “ Oui mais pour toi c’est facile tu as encore les cheveux longs et tu n’as pas de mal à les faire pousser”. Je pense que le fait d’avoir été validée toutes ces années comme la fille aux beaux cheveux (car longs) m’a permis d’avoir cette sorte de distance par rapport à mes cheveux. Pour moi, ce ne sont que des cheveux (I said what I said!), leur état ou leur  longueur ne définissent pas ce que je suis et la façon dont je me perçois. Évidemment, c’est le luxe qu’à la fille aux longs cheveux me direz vous. Pourtant, je n’étais pas sûre d’avoir de si longs cheveux quand j’ai décidé de ne plus défriser. Personne ne m’avait jamais appris à entretenir mes cheveux naturels… J’ai passé des heures entières à parcourir des sites internet, des blogs, des vidéos YouTube et des livres spécialisés afin d’apprendre à m’en occuper. Grâce à mes recherches, j’ai construit un savoir-faire qui m’a permis de résoudre les problèmes que j’ai rencontrés pendant mon aventure capillaire, et de fil en aiguille, en commençant par ma sœur, j’ai  aidé plusieurs personnes à résoudre les problèmes qu’elles rencontraient (cheveux cassants, cheveux secs, manque de volume, stagnation de longueur, etc.). Et c’est devenu une véritable passion. 

Tout le monde peut avoir des longs cheveux, il suffit de savoir quoi faire et de le faire !

C’est en réfléchissant à la façon plus efficace pour aider les gens à régler leur problème que l’idée des Ateliers Zuri a germé. J’ai réalisé que  la véritable raison pour laquelle les personnes afro-descendantes rencontrent autant de difficultés avec leurs cheveux, c’est parce qu’elles ne savent pas comment s’en occuper ! Cela paraît d’autant plus fou que ces cheveux sont ceux qui poussent sur nos têtes depuis notre naissance…  C’est vrai que dès notre tendre enfance, nos mamans et tantines passent beaucoup de temps à s’occuper de nos cheveux. Il faut les laver, les démêler, les “engraisser”… puis les discipliner. Tresses (souvent bien trop serrées), lissage, défrisage… Dès le plus jeune âge, on nous enseigne que rien ne doit dépasser, que nos cheveux font parti de notre beauté et enfin de notre identité. Pourquoi tout cela ? La pression des standards de beauté qui nous entourent joue très bien son rôle… Au lieu de nous apprendre comment s’occuper de nos cheveux, comment éviter la casse, comment préserver leur longueur et leur santé, on nous apprend à les discipliner, à les “dompter”…Beaucoup de personnes, de notre communauté même, utilisent encore des termes comme « dures», « difficiles», « mal coiffés» pour parler de nos cheveux. Dans les médias, plus le cheveu a des boucles serrés moins il est présenté comme étant beau, ou même représenté tout court…La question capillaire pour nous n’est pas seulement superficielle, elle s’enracine dans un contexte historique et sociale très lourd qui pèse encore sur nos épaules. On connait tous quelqu’un (ou on est cette personne) qui trouve ses cheveux moches/dures/difficiles, quelqu’un qui ne conçoit pas d’aller au travail/ à un entretien d’embauche avec ses cheveux naturels, quelqu’un qui pense que les cheveux naturels ne lui iraient pas, quelqu’un qui a peur du regard des gens sur ses cheveux, quelqu’un qui abime ses cheveux en essayant à tout prix d’avoir ces longs cheveux lisses tant convoités.

Quand j’ai appris il y a deux ans que j’étais enceinte d’une fille, je me suis promis de lui transmettre des valeurs que je juge essentielle : l’estime et la confiance en soi. 

Je me suis dit que cela serait d’autant plus facile pour elle d’avoir de l’estime pour elle-même, d’avoir confiance en elle, si elle a des modèles de personnes qui lui ressemblent, qui s’aiment et à qui elle pourrait s’identifier.  C’est la raison pour laquelle je suis si déterminée à aider les personnes afro-descendantes à accéder facilement aux informations nécessaires pour atteindre leurs objectifs capillaires. Parce que je suis déterminée à montrer au monde à quel point la texture de nos cheveux est magnifique et mérite d’être sublimée et représentée !

Mon accessoire fétiche : le ciseau pour couper mes pointes et me débarrasser des nœuds.

 

 

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